|
Le jeu de la mort est un documentaire étonnant. Et inquiétant. c'est un reportage sur les dangers de la télévision, en particulier dans le cadre de la téléréalité. S'inspirant de la fameuse expérience de Stanley Milgram (reprise dans le film "I comme Icare", de Henri Vernueil et avec l'aide d'une équipe de psychologues et d'assistants, le réalisateur français Christophe Nick a conçu un jeu télévisé particulièrement cruel. Les règles du jeu auquel les participants croient en toute bonne foi participer consiste à infliger, en cas de mauvaise réponse, une décharge électrique croissante à un autre candidat, en réalité un comédien qui ne reçevait évidemment pas les décharges mais mimait la douleur. Dans l'expérience de Milgram, 62% des "cobayes" allaient jusqu'au terme de l'expérience, en infligeant les décharges maximales à leurs "victimes". Mais cette fois, les résultats dépassent l'entendement: soumis à un animateur directif, les participants sont 80% à se révéler de parfaits tortionnaires... Qui sont ces "monstres"? Des sadiques ou des abrutis? Pas le moins du monde: ce sont simplement des téléspectateurs ordinaires, devenus bourreaux au service du spectacle total lorsque, plongés dans l'univers enivrant de la sainte télé, avec la pression d'un public chauffé à blanc, la présence d'une star à ses côtés dans le rôle de l'autorité, ils abdiquent leur libre arbitre au profit d'une logique de pouvoir. "Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...).", avait un jour déclaré Patrick Le Lay, le patron de TF1. L'expérience de Christophe Nick montre que le patron de TF1, et d'autres, relèvent le défi sans aucune difficulté. Mais ce que montre aussi Christophe Nick, c'est qu'il est possible, grâce à la télévision, de "vendre du temps de cerveau disponible" à quelqu'un d'autre qu'un fabricant de boisson gazeuse. A quelqu'un ou à une organisation, par exemple, qui vous dirait pour qui voter, qui sont vos ennemis ou au contraire qui sont vos amis. Quelqu'un qui vous apprendrait à obéir sans discuter, sur la seule foi de l'autorité qui vous commande... Maintenant on en est sûr: la télé peut organiser demain la mise à mort d'un individu au nom du divertissement. On peut désormais mesurer le pouvoir du petit écran, grâce à ce documentaire terrifiant, qui montre que l'Homme n'a rien appris de l'Histoire. Voici le film. Il passera le 17 février sur France 2 mais a été diffusé hier à la télévision belge. Attention c'est du choc!!!! Au nom du Ciel, dans quelle société d'abrutis nous vivons? http://www.rtbf.be/video/v_intermedias-special-en-direct?id=18139&category=info ![]() [Anonymizer] [Megaproxy] [subDIMENSION Anonymizit] [@nonymouse] |