Le jardin d'Alice


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Nouveau ici


Posté par SISKE le lundi, septembre 6 2010 at 06:59:39pm


Salut à tous, je suis nouveau ici.
Cela fait pas mal de temps que je vous lis et ça me fait un bien fou.
J'ai 47 ans et suis toujours puceau (si si, ça existe). Cet état de fait est dû à une erreur médicale (varicocèle mal opéré qui me fait un mal de chien depuis 30 ans), à une timidité maladive, et au fait que les femmes me font peur. Concernant mon opération, j'ai déjà été réopéré trois fois, sans aucune amélioration. J'ai même demandé à ce qu'on m'enlève une fois pour toute le testicule endommagé, mais aucun urologue n'a voulu accéder à ma demande.
Je suis un GL ayant une attirance pour les 11, 12, 13 ans.
Si je me suis inscrit sur ce forum, c'est évidemment pour pouvoir participer à celui-ci, mais aussi pour avoir votre avis sur ce qui m'est arrivé.
J'ai été arrêté il y a 4 ans et demi pour détention de matériel pédo-pornographique lors d'un coup de filet international (ils ont d'ailleurs parlé de moi à la télévision)
Pour la perquisition, ils sont arrivés à six personnes. Ils n'ont pas seulement pris mes différents disques durs, mais également toutes mes vhs (+/- 1000), tous mes DVD (films normaux+concerts), tous mes CD musicaux, tous mes CD-R (musique+pédo), tous mes livres érotiques (Hamilton, sturges,...). Ils ont carrément fait venir un mini-camion. Après un interrogatoire très "musclé" (verbalement) du commissaire de police où je me suis fait traiter entre autre d'assassin d'enfants, je suis passé par le juge d'instruction qui m'a directement envoyé en préventive pour deux mois. Il était persuadé que je faisait partie d'un "réseau" international. De plus ayant trouvé une paire de chaussures d'enfant chez moi (alors que je suis célibataire sans enfants), il me soupçonnaient d'avoir séquestré une fillette chez moi !!!! Ils ont fait venir du canada un spécialiste de l'interrogatoire de "prédateur" pédophile. Interrogatoire filmé évidemment. Le spécialiste (avec un accent canadien à coupé au couteau) m'a interrogé pendant 3 heures. Sa dernière question a été la suivante : "avez-vous oui ou non séquestré une fillette chez vous". Je l'ai regardé dans les yeux, et je lui ai calmement répondu "non". Ensuite, il m'a répondu qu'il me croyait sincère, et il est sortit de la pièce. Je suis ensuite retourné en prison. Pour les devoirs d'enquêtes, ils ont interrogé tous mes amis, mon frère, mon père à qui ils ont montré les fichiers les plus "durs" de mon dossier. Inutile de vous dire qu'à part mon frère (qui me soutient moralement), et mon père (qui se fout royalement de ce qui m'arrive, et qui n'a qu'une seule peur : que la famille ne soit pas au courant), plus aucuns de mes amis ne veux encore me parler.
Durant mes interrogatoires, ils ont essayés de me faire dire que j'étais attiré sexuellement par les bébés. Heureusement que je ne me suis pas laissé faire. Sans quoi cette affirmation se serait retrouvé dans mon PV.
Le juge d'instruction avait tellement de haine envers moi, qu'il a retardé au maximum la venue du psychologue de la prison (c'était le seul à pouvoir me faire sortir de préventive), craignant que son rapport psychologique ne me libère trop rapidement à son goût. Il a d'ailleurs été très fortement réprimandé par le président de la chambre du conseil pour cela, et a été contraint par celui-ci de le faire venir (pour l'examen psychologique) le plus tôt possible. Le lendemain matin, j'ai été convoqué chez le psychologue de la prison pour l'examen psychologique. Il m'a dit après l'entretien, que je n'avais rien à faire en préventive, et que je serais très vite libéré. Il a tenu parole, puisque l'après-midi même, j'étais libéré.
Le juge d'instruction a aussi, durant la dernière chambre du conseil, essayé de faire croire au président :
- qu'il était indiqué dans mon rapport psychologique que j'étais "un danger pour la société" (alors qu'il était indiqué le contraire dans le rapport)
- qu'il y avait eu paiement des images et films que j'avais téléchargés sur internet (ce qui est totalement faux)
Qu'un juge d'instruction mente d'une façon aussi éhonté en avançant des éléments aussi faux (et facilement vérifiables) pour faire entrer le doute dans la tête du président (qui n'a pas le temps de vérifier), c'est proprement scandaleux. Vous connaissez certainement l'adage qui dit : "mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose".
Mon avocate, qui a l'habitude de ce genre d'affaire, m'a dit que de toute sa vie, elle n'avait jamais vu un tel acharnement sur quelqu'un de la part d'un juge d'instruction. C'était comme si il m'en voulait personnellement.
Et pour couronner le tout, il a eu le cynisme de m'imposer la condition de libération suivante (parmi d'autres) : "reprendre contact avec sa famille" !!!
J'ai oublié de vous dire que durant le trajet vers la prison, j'ai été insulté comme jamais je ne l'ai été de ma vie par l'adjoint du commissaire. Il m'a traité de déchet de l'humanité, d'ordure, de criminel, de salaud, et de parasite (parce que j'étais à l'époque au chômage).

Les 2 mois de préventive ont été un vrai cauchemar :
- trois personnes dans une cellule de 6 m².
- je me suis fait martyriser pendant deux mois par un de mes deux co-détenus.
- moi qui suis non-fumeur et asthmatique, j'ai dû supporter la fumée de cigarette de mes deux co-détenus.
- levé à 5h30 du matin, alors que mon horloge biologique fait que je m'endort à cette heure-là (retard de phase sévère).
Conséquence: 1 à 2 heures de sommeil par jour pendant deux mois. En plus, mes deux co-détenus étaient de gros ronfleurs et interdiction d'avoir des Boules Quiès
- j'ai du dormir à même le sol sur un matelas pourri avec comme conséquence un mal de dos permanent.
- fréquentes insultes de la part d'un gardien ("sale pédophile", "violeur de petites filles" etc...).
- insultes ("sale pédophile", "violeur de petites filles" etc...) et menaces de mort quotidiennes de la part des détenus "non-moeurs" et peur bleue de se faire agresser
physiquement par ces mêmes personnes dans les douches, les couloirs ou les salles d'attentes communes (ils me prenaient pour un "pointeur").

J'ai donc été libéré après 2 mois de préventive à la condition que je suive un traitement psychologique. Le psy que j'ai vu pendant 2 ans et demi (à raison d'une fois tout les 15 jours) m'a foutu une paix royal, parce qu'il s'est très vite rendu compte que je ne représentais pas de danger pour la société. C'était d'ailleurs la première fois qu'il recevait quelqu'un qui n'avait fait "que" du téléchargement. Il ne recevait que des gens condamnés pour des délits à caractère sexuels sur mineures d'âge.
Ensuite est arrivé mon procès. Avant de continuer, je dois vous dire que, sur les conseils de mon co-détenu, j'ai pris le plus mauvais avocat de Belgique. Mais ça, je ne l'ai appris que bien plus tard (par mon deuxième avocat).
La substitut du Procureur du Roi, dans son réquisitoire, à demandé 3 ans de prison ferme pour possession et distribution (alors que je n'ai jamais distribué)
Ensuite, la présidente m'a posé la question suivante : " comment en êtes-vous arrivé là ? ". A ce moment là, j'étais tellement abasourdi par la durée de la peine demandé par la substitut, qu'il y a eu un blanc, puis elle a directement enchaîné par la question suivante : " de quel courant est votre psychanalyste ?, est-il Lacanien ou Freudien ? ". Là, je lui ai répondu que la personne que j'avais vu n'était ni l'un, ni l'autre, mais qu'il était psychologue. Là, elle a piqué une colère monstre en disant que les psychologues, ça ne valaient rien, et que c'était un psychanalyste que j'aurais dû voir. Ensuite, elle m'a demandé si j'estimais avoir fait du "mal" en téléchargeant les fichiers illicites sur internet. Encore complètement abasourdi par la durée de la peine et déstabilisé par son accès de colère, j'ai répondu instinctivement : "peut-être". Là, re-colère de la présidente qui m'a dit : " deux ans et demi de thérapie pour entendre ça !!! ". Là-dessus, mon avocat a essayé de me défendre. Mais comme il ne connaissait pas du tout mon dossier. Il s'est lamentablement vautré.
La présidente m'a condamné a 1 an de prison ferme, avec arrestation immédiate et 7000 EUR d'amende (je crois que c'est une première en Europe). Mon avocat a quand même réussi à convaincre la présidente de ne pas me mettre en prison directement. J'ai évidemment fait appel et évidemment pris un autre avocat.
Je peux vous dire que dans la salle d'audience, les avocats ayant entendu le verdict en même temps que moi, étaient "sur le cul".
Quand j'ai annoncé la "nouvelle" à mon psychologue, il a eu un choc (lui qui m'a dit pendant 2 ans et demi que je ne risquais plus rien)
Mon appel à été reporté au mois de septembre 2010.
Ce que je redoute le plus, c'est que le prochain juge n'osera pas désavouer la première décision.
Je peux vous dire que depuis ce verdict, je suis en pleine dépression, et que j'ai complétement perdu le sommeil.

Je vous donne quelques extraits de mon jugement + mes commentaires :

" Le prévenu, qui suit pourtant une psychothérapie depuis sa mise en liberté par la chambre du conseil, manque toujours de distance par rapport à ces actes. Il ne semble pas encore réaliser qu'en commandant et véhiculant de telle images, il participe à l'exploitation cruelle et monstrueuse d'enfants totalement innocents "
Dans ce paragraphe, il est indiqué que j'ai "commandé et véhiculé" les images que je possédais. Ce qui est totalement faux. Dans "commander", il y a la notion de "demande", et la notion d' "argent", or, je n'ai jamais acheté d'images ou films pédo-pornographiques sur internet. Dans "véhiculer", je comprends la notion de partage sur internet, or, je n'ai jamais "diffusé" mes fichiers sur internet. Je ne sais pas sur quoi ils se basent pour écrire cela.

" La gravité des faits, la longueur de la période infractionnelle, le manque de remise en question, empêchent de faire droit à la demande de suspension du prononcé sollicitée à l'audience. Une telle mesure ne pourrait que provoquer un sentiment d'impunité dans le chef du prévenu. Il est nécessaire de prononcer une peine d'emprisonnement qui permettra d'assurer la finalité des poursuites tout en tenant compte de la personnalité du prévenu "
No comment


" Les faits commis par le prévenu sont extrêmement graves " + descriptions détaillées de certains fichiers "hard" se trouvant sur mon disque dur.
En lisant ce paragraphe, j'ai l'impression qu'on m'accuse d'avoir commis les actes sexuels perpétrés dans les films ou photos retrouvés chez moi. Pourquoi rappeler et décrire avec force détails la nature de certains fichiers. Ca sert à quoi ? Suis-je responsable des faits commis dans ces fichiers ? Beaucoup de ces fichiers ont plus de quarante ans !!! (films super 8)
Que j'ai aimé voir ces fichiers à l'époque importe peu. Comme le disait mon psychologue (chez qui j'ai poursuivi une thérapie pendant deux ans et demi) : " j'ai l'impression qu'on vous a jugé, non pas pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous êtes ou avez été (pédophile), ce qui est extrêmement grave ". Je partage totalement cet avis. Ce qui devrait être important pour la justice, c'est de savoir si en téléchargeant, j'ai fait ou non du "mal" (exploitation d'enfants).
Quand je lis dans les articles qui traitent du sujet, des arguments tel que ceux-ci : "pour avoir les images, il faut nécessairement des actes" ou "derrière chaque image, il y a un enfant qui souffre", je trouve ces raccourcis trop facile. En gros, cela veut dire que les gens qui téléchargent sont responsable des actes commis.
C'est comme si on disait des gens qui ont téléchargé les images des exécutions d'otages par les talibans, qu'ils seraient responsable de ces mêmes exécutions !!!
D'après un autre article, 80 % des films et images "hard" se trouvant sur internet proviennent de papas "indignes" qui commettent des abus sur leur propre fille. Les films effectués sont d'abord échangés avec d'autres papas "indignes" qui font la même chose. Ensuite, les fichiers produits sont "balancées" sur internet (via BBS ou forum).
Dans les 20% qui restent, il y a les gens qui font du tourisme sexuel, qui se filment (pour avoir un souvenir), et qui "balance" ensuite les images (avec leurs propres visages floutés) sur internet. Dans ces 20 %, il y a aussi des gens qui font du tourisme sexuel, mais qui à la différence des cas précédents, vendent leurs films et même parfois produisent à la demande.
Je pense que pour ce qui concerne la première catégorie (papas "indignes"), ils font d'abord "ça" pour leur propre plaisir. Ils ne le font pas pour les internautes. Ils ne vont risquer des années de prison pour faire plaisir à des internautes qu'ils ne connaissent même pas. Donc, quand les médias parlent d' "offre et de demande", ça ne concerne que le troisième cas (ceux qui produisent à la demande).
Pour ce qui me concerne, est-ce que le fait d'avoir profité d'images et films "balancés" sur internet il y a 10, 20, 30 ou 40 ans me rend coupable de quoi que ce soit ?
Dans un article, le célèbre docteur en Psychologie clinique Christian Mormont répond à la question suivante : " Pourtant le simple fait de détenir des images pédopornographiques est un délit puni par la loi en Belgique ". Réponse : " Pour moi c'est étrange. C'est comme si on interdisait de lire un roman policier sous prétexte qu'il contient des meurtres ". Question suivante : " Mais regarder des images pédopornographiques alimente le commerce de telles images, donc l'abus d'enfants ? ". Réponse : " La répression du trafic et du commerce de documents pédophiles qui impliquent des enfants réels est évidemment nécessaire. Par contre, la réglementation de l'imaginaire est un problème délicat dont on devine les dérapages possibles "
En résumé, je trouve la loi sur le téléchargement totalement injuste (elle n'intègre que la notion de "possession"). Elle met tous les gens dans le même sac. Ceux qui ont payé, pas payé, les commanditaires directs, les gens qui ont regardé sans télécharger (depuis un jugement de Dinant qui fait jurisprudence) etc...Et ce qui est incroyable, c'est que tous les acteurs du monde judiciaire que j'ai interrogé par la suite (avocats, informaticien travaillant pour le parquet, mon psychologue) sont tous d'accord pour dire que la loi belge est mal foutue, mal pensée.
Un avocat que j'ai consulté par téléphone m'a dit ceci :" ceux qui paient entretiennent la fourniture de ce type d'images et donc favorise la production de ce genre d'images. Celui qui ne paie pas ne participe en rien au commerce et n'incite personne à produire de plus en plus d'images "
Je suis d'accord avec la deuxième partie, mais pas la première. Je m'explique. Moi-même, avec tout ce que je possédais comme fichiers, j'aurais très bien pu ouvrir un site payant, et ce n'est pas pour autant que j'aurais favorisé la production de ce genre d'images.
Le problème, c'est que mon avocate n'est pas du tout d'accord avec mes arguments, et ne compte pas les intégrer dans sa plaidoirie.
Le deuxième problème, c'est que je ne me sens coupable de rien (puisque je n'ai pas pas payé pour mes fichiers), et que si je le dis au tribunal, je vais me faire démolir.
Si des personnes du JA ne sont pas d'accord avec mes arguments, je serais très curieux de savoir pourquoi. Autrement dit, j'aimerais provoquer le débat. Et surtout, si j'écope de la peine maximale (ce qui est très probable), j'aimerais que la justice m'explique pourquoi elle m'a condamnée (avec argumentations à la clé). J'aimerais aussi savoir (en dehors de la loi), si je dois me sentir moralement coupable de ce que j'ai fait ?
Ceux qui sont déjà passé par là (tribunal), pourraient-ils me conseiller (réponses à donner aux juges, attitude à avoir, etc...).
J'attends vos réponses avec impatience.





siske


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